La laïcité : pour le bien vivre ensemble

Quel événement a le plus de chance de voir le jour : un couple de princesses lesbiennes dans un nouveau dessin animé Walt Disney , ou un président Français nommé Mohammed ?

Les diensemblescriminations liées à l’origine, au sexe, à l’orientation sexuelle, ou à la religion restent marquées en France. Selon la revue de l’Insee 2014 « Economie et Statistique, Inégalités et discriminations : questions de mesure », le racisme se porte plutôt bien dans l’Hexagone.

Suite aux événements de Janvier 2015, l’islamophobie menace de gagner encore plus de terrain.

Les valeurs de la République, l’égalité, la liberté et la fraternité, ne peuvent s’épanouir face aux discriminations persistantes. De plus, le décalage entre les idéaux républicains et la réalité sociale affligeante entraîne des maux au sein de la société française. Manuel Valls est allé jusqu’à dénoncer un « apartheid territorial, social, ethnique, qui s’est imposé. »

La société française se tourne aujourd’hui vers le principe de laïcité pour trouver une solution et réapprendre à vivre ensemble. « J’étais en Pologne l’année dernière et j’ai vraiment pris conscience de l’importance de la laïcité. Elle permet une meilleure intégration des autres ethnies et des différentes religions », affirme Lorentz, Français de 24 ans, étudiant en médecine à l’université de Bordeaux.  « La Laïcité en France permet une neutralité de l’Etat, et évite les stigmatisations… je trouve cela très important » confirme Benjamin Hubner, étudiant Erasmus d’Allemagne. Leila Nafati, tunisienne de 38 ans, vit en France depuis une quinzaines d’années, elle rajoute : « Il faut la chérir, la laïcité française ». Néanmoins elle souligne aussi :

La laïcité a été créée dans un contexte et une époque particulière, or la société française d’aujourd’hui n’est plus celle de la Révolution, et je pense que la laïcité doit s’adapter et évoluer pour répondre aux enjeux de la société actuelle. »

La France d’aujourd’hui n’a en effet plus rien à voir ; d’ailleurs, les forces religieuses en présence ne sont plus les mêmes. L’établissement de la laïcité a été le fruit d’une longue lutte contre l’Eglise catholique, celle de la Révolution française. La laïcité est maintenant confrontée à la visibilité grandissante et à la nouvelle donne géopolitique de l’Islam contemporain.

Aujourd’hui, comment mettre la laïcité au service de l’intégration sociale et de la tolérance interculturelle ?  

Selon Lorentz, « l’Etat doit absolument rester neutre, mais il ne faut pas faire de confusion entre laïcité et athéisme, les individus ont le droit d’avoir une religion et de l’exprimer, cela doit simplement rester dans la sphère privée. » Pour Leila, les religions sont avant tout une richesse, elle explique : « Il faut enseigner les religions à l’école dans un cadre scientifique. » Elle argumente : « La connaissance des religions et des grandes questions métaphysiques font partie de la culture générale…et je pense que l’ignorance à propos des religions conduit trop souvent à l’intolérance vis-à-vis des religions ». Benjamin, lui, pense qu’il est essentiel de faire des cours d’éthique à l’école : « Il faut apprendre à ne pas placer une opinion au-dessus d’une autre. En Allemagne, les écoles proposent des cours de religions facultatifs. Je trouve ça bien, chacun est libre de suivre ou non ces cours, sans forcément être croyant ».

Jusqu’où accepter que les individus expriment leur religion ou leur athéisme ? La laïcité exige-t-elle de mettre de côté une partie de son identité culturelle dans la sphère publique ? La laïcité transforme-t-elle les différences culturelles en tabou ? Est-ce une bonne idée de mettre des cours de culture sur les religions à l’école ? Autant de questions qui se posent à l’heure actuelle et qui mériteraient toute notre attention citoyenne.

A ce jour comment les Français perçoivent-t-ils la laïcité ?

Selon l’enquête IFOP, pour 51% des Français, la laïcité est perçue d’abord comme « la possibilité laissée à chaque citoyen de pratiquer sa religion », tandis que 25% voient avant tout en elle « l’interdiction de manifester son appartenance religieuse dans les services publics ». Pour 14%, elle est surtout « le refus de toute forme de communautarisme », et pour 10% « l’absence de participation de l’Etat dans l’édification des lieux de culte ».

Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust 

2 réflexions sur “La laïcité : pour le bien vivre ensemble

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