5 conseils pour cultiver l’art de voyager !

« Je pense qu’on peut vivre longtemps à l’étranger et rester très étroit d’esprit ! » déclare Elsa Fernando Gonzalo, étudiante Erasmus d’Espagne, en parcours de Droit, habitants avec 69 étudiants Internationaux aux Pays-Bas. « Certains étudiants ici ne sont jamais sortis de leur chambre, ils passaient leur journée sur Skype, et avaient pour seul envie de rentrer chez eux. » Pour reprendre les mots d’Albert Einstein « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé. » Cela signifie qu’il est malaisé de s’ajuster à une nouvelle culture. Les futurs étudiants Erasmus ont intérêt à prendre des notes, car le développement de leur capacité interculturelle dépend entièrement de leur approche et de leur tempérament.

citation-voyage_06-v2-7ca56Aujourd’hui, environ 26 000 étudiants français partent chaque année à l’étranger, dans le cadre d’Erasmus. Sans compter les étudiants qui s’envolent vers un autre continent. Le programme Erasmus créé il y a 25 ans, a déjà permis à plus de 3 millions d’étudiants européens d’avoir une expérience à l’internationale. De plus, chaque année, les programmes d’échanges attirent un plus grand nombre de jeunes. Il est donc essentiel de comprendre les difficultés que peuvent rencontrer ces étudiants immergés dans une autre culture.

Quels sont les enjeux pour s’adapter culturellement? Les étudiants internationaux arrivent-ils à se mélanger aux autochtones ?

Une croyance populaire dit que, partir à l’étranger, et se retrouver dans un nouvel environnement culturel, rendrait inévitablement ouvert d’esprit. Cela n’est pas forcément le cas.

Alya Vasylenko, étudiante Ukrainienne, en parcours de Communication Internationale, affirme « Je pense qu’on peut être intolérant après avoir fait le tour du monde, ou être ouvert d’esprit en n’ayant jamais quitté son pays. Lorsque les personnes voyagent, cela leur donne l’opportunité de s’ouvrir aux autres, qu’elles saisissent ou non cette chance, dépend à mon avis, principalement de leur personnalité et de leur sensibilité. » Maple Hupkins, psychologue formatrice depuis 2008 au centre des services étudiants de l’université de Groningue aux Pays Bas, a rencontré des baroudeurs lorsqu’elle voyageait en Asie. Elle a eu l’impression que certains d’entre eux, malgré leurs voyages, restaient très fermés et étroits d’esprits. Elle explique que partir à l’étranger est source de stress, or cela peut accentuer des problèmes personnels non résolus pour certains étudiants. « Etre à l’étranger n’enlève pas les difficultés personnelles d’un jeune, et devoir en plus de cela, s’adapter à une autre culture, peu pour certains, devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et tomber dans la dépression. »

Tous les individus résidents à l’étranger sont d’accord pour dire qu’il est tout à fait naturel de rencontrer des obstacles dans une culture inconnue, même en étant dans un bon état d’esprit.

 Tout ce qui est nouveau et inattendu nous inquiète et monopolise beaucoup d’énergie. Dans une nouvelle culture, ça devient très difficile d’anticiper le moindre évènement de sa vie. Je pense que plus on vieillit, moins on a envie de faire face aux changements. » Dit Luca Costa, un étudiant Italien, doctorant en physique, habitant à Grenoble, France depuis 2009. « Changer de culture est très angoissant psychologiquement, et nous n’avons pas tous les même capacités lorsqu’il s’agit de faire face au stress.» confirme Maple Hupkens.

Des études montrent que les individus résistent spontanément face à un nouveau modèle culturel. Milton Benett, docteur en Communication Interculturel, a créé le « Modèle de Développement à la sensibilité interculturelle » Montré ci-dessous. La Théorie de Benett explique que la sensibilité interculturelle se développe en deux étapes distinctes : l’étape ethnocentrique, et ethno-relative.

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Dans l’étape ethnocentrique, les individus sont sur la défensive et essayent de prouver la supériorité d’une culture sur l’autre. Cette étape d’ethnocentrisme se termine lorsque l’individu prend conscience des différences culturelles
sans vouloir à tout prix les hiérarchiser, et surtout en reconnaissant d’abord une humanité commune.  « Avant d’habiter en Europe, je n’avais pas conscience de mon identité culturelle Brésilienne. Parfois ce sont des différences minimes qui me surprennent, par exemple, ici les personnes mettent beaucoup plus de distance physique, même les amis proches! » remarque Rodrigo Bolini, étudiant de Médecine à Groningue.

L’étape ethno-relative commence dès lors ou l’individu accepte l’autre culture sans se sentir menacé. C’est pendant cette période, que la personne appréhendera petit à petit l’autre culture dans sa globalité et ses subtilités. « Je ne peux pas me comporter comme en Espagne quand je parle anglais, car même l’humour change ! » affirme Elsa Fernando Gonzalo.

Ce n’est qu’à la fin du processus que l’individu peut obtenir une identité multiculturelle. C’est un processus complexe, il demande du temps, mais il semblerait être avantageux. De nombreuses études, notamment celle de Baker et de Ricciardelli, ont démontré que les individus biculturels bénéficient d’une plus grande flexibilité cognitive et disposent d’une faculté à la pensée créative accrue.

Au final, développer une sensibilité interculturelle c’est un peu comme faire un gâteau, Il faut mélanger les bons ingrédients ! Alors voici nos 5 conseils pour cultiver l’art de voyager et développer sa sensibilité interculturelle :

  1. “Se forcer à explorer la culture, c’est-à-dire rencontrer des locaux, apprendre la langue, les héros nationaux, les films, la music, les expressions idiomatiques, les habitudes, et mettre de côté ses propres références culturels. ». explique Luca Costa
  2. Maple Hupkens rajoute « Il faut avoir des attentes réaliste, être flexible, et ouvert aux nouvelles expériences. » Mais surtout elle insiste sur l’importance d’oser demander de l’aide dans les moments difficiles.
  3. Elsa Fernando Gonzalo recommande « La confiance, la persévérance, la détermination et la volonté sont les ingrédients clés pour s’adapter à une autre culture. »
  4. Alexander Hun Yuan Tan, étudiant Malaisien de Groningue rajoute, “Pour moi, la culture importe peu une fois que l’on a observé, et accepté que les différentes cultures nous font agir différemment… Bien entendu, il faut rester ouvert d’esprit et ne pas juger. Mais si on est prêt à faire l’expérience d’une autre culture, alors faire ses études à l’étranger devient palpitant ! »
  5. Dona Cantu, étudiante californienne en France est d’accord « Chaque culture à ses normes et ses codes, alors je vous conseils de profiter des aspects culturels qui vous plaisent et de faire de votre mieux face aux codes culturels qui vous dérangent. Je suis convaincue que lorsqu’on fait preuve de bienveillance et de tolérance, on récolte toujours ce qu’on sème. »

Les futurs étudiants internationaux feraient donc bien de prendre des notes, car le développement de leur capacité interculturelle est en jeu !

Ecrit et Traduit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust

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