Certains ont la montre, d’autres ont le temps !

Débordé ? Epuisé ? Votre agenda n’arrive plus à contenir tous ces rendez-vous ? Et le petit dernier qui a sa pratique de piscine dans une heure…

La pression qu’exerce la vie professionnelle sur la sphère personnelle a augmenté depuis 30 ans. D’ailleurs les chiffres montrent une hausse du syndrome d’épuisement professionnel en France, plus communément connu sous le nom de «burn out» ou «fléau du XXIème siècle». Selon une étude de 2014 du cabinet de prévention des risques Technologia, ce risque de «burn out» guette 3,2 millions d’actifs dans l’Hexagone.

Pourtant les statistiques révèlent une diminution du temps de travail des Français sur les trente dernières années. En 2014, les français travaillaient en moyenne 37,4 heures par semaine, alors qu’en 1980 la moyenne hebdomadaire était de 41,7 heures. Alors moins de travail plus de stress ?!

Pourquoi court-on contre la montre ?

montreCid Ahmed Soussi, sociologue du travail explique: « La réalité, c’est que de plus en plus d’employés doivent rester branchés à leur téléphone jusqu’à tard le soir. Ils envoient des sms professionnels en soupant avec des amis ou en passant du temps avec leur enfant, et ils vérifient leurs courriels professionnels avant d’aller au lit. Il y a une intensification du travail, c’est-à-dire un accroissement du stress et de la surcharge mentale des salariés. » Les technologies et les exigences de la mondialisation font que le travail déborde sur la vie personnelle et familiale. Les employés sont toujours préoccupés car ils doivent effectuer plusieurs tâche en même temps et chacune de ces tâches se termine à des moments différents.

Nigel Marsh, un cadre supérieur dans le marketing et la publicité, a travaillé pour de nombreuses compagnies, notamment Mc Donald, Canon, Pepsi, Colgate et Mars. Il témoigne:

Ne placez jamais la qualité de votre vie dans les mains d’une société commerciale. Elles sont intrinsèquement conçues pour vous exploiter autant qu’elles le peuvent. C’est ce qu’elles font. Même les bonnes sociétés bien attentionnées (…) Si vous ne concevez pas votre vie, quelqu’un d’autres le fera à votre place et vous risquez de ne pas aimer sa conception de l’équilibre. »

Est- il possible de concilier grande carrière et équilibre de vie ?

Sylvaine Pascual, coach spécialiste des relations humaines et de la reconversion professionnelle pense qu’on peut être passionné par son travail et très impliqué sans que cela rejaillisse négativement dans sa vie privée. A condition toutefois que le temps passé avec ses proches soit de qualité et profitable à tous. Elle conseille de s’obliger à éteindre son téléphone portable en rentrant afin de retrouver une certaine harmonie. De même, elle recommande  de prévoir des temps libre et des week-ends en famille pour couper avec le travail: « L’idée est de renouer avec des plaisirs simples et si possibles non technologiques. Une balade en forêt, une partie de foot avec son fils… » Isabelle, médecin de 52 ans et mère de quatre enfants est du même avis « Il faut préserver d’autres passions et domaines d’épanouissements personnels pour trouver son équilibre. » Jeanne Boillet chargée de l’activité Audit-Grands comptes rajoute « Il n’y a pas que le boulot et la famille, pensez à vous ! » Nicolas Walsh, vice-président d’AIG confie: “Surtout, ne faites pas comme moi : je n’ai jamais su lâcher prise. »

Pour ceux qui n’arrivent pas à lâcher prise, attention au « burn out » !

Apprenez à détecter rapidement les symptômes du syndrome d’épuisement professionnel: fatigue, découragement, sentiment d’être incompétent, difficulté de concentration et baisse de confiance en soi. Pour éviter le « burn out » ne pas hésiter à déléguer, poser ses limites, et investir dans d’autres domaines de sa vie.  Mais surtout déculpabilisez et parlez-en autour de vous !

Vous pouvez aussi vous tourner vers une association comme AFBO ou SOS fonctionnaire victime, téléphone : 06 75 90 73 64

Pour conclure cet article, quelques mots de Raphaël Enthoven:

Le travail c’est la santé, c’est la dignité reconquise de l’homme à la sueur de son front, c’est la promesse d’une récompense, mais c’est aussi le drame de ceux qui perdent leur vie à vouloir là gagner, abruti par la routine qu’une main de fer écrase. »

Article écrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust

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