Et si notre système éducatif avait un mauvais impact sur la santé mentale ?

« Alors que le pays jouit d’une qualité de vie enviable, vivre en France réduirait de 20% les chances de se déclarer très heureux. »

Un sondage du réseau Gallup mené en 2013 dans 51 pays place la France champions du monde du pessimisme, loin devant les Afghans ou même les Irakiens.

L’INSEE a confirmé en 2014 que pour un même index de développement humain, la France obtient un résultat inférieur à la Belgique et au Danemark sur les sondages mesurant l’optimisme des populations.

Pourtant les Français jouissent d’une qualité de vie enviable : semaine de 35h, accès gratuit aux soins médicaux, aux hôpitaux, aux écoles et aux universités, ainsi qu’une culture rayonnante comme le témoigne l’afflux de touristes.

Comment expliquer ce paradoxe Français ?

Claudia Senik professeur d’économie à la Sorbonne a mené une enquête rigoureuse durant deux ans pour comprendre ce paradoxe. Elle a même considéré la possibilité d’une différence de perception entre le mot francophone « bonheur », et le mot anglo-saxon « happinness ». Le paradoxe ne provient pas d’un quiproquo linguistique. D’autres pays francophones comme la Belgique et le Canada l’ont confirmé.

Par ailleurs, elle a examiné et comparé les réponses des Français résidant à l’étranger, avec celle des expatriés/immigrés en France.  Le résultat obtenu est significatif : « Il suffit que les immigrés aient été scolarisés dans l’Hexagone avant l’âge de 10 ans pour qu’ils soient, eux aussi, atteints par le spleen » et « les Français vivant à l’étranger sont moins heureux que d’autres Européens vivant hors de leur pays d’origine », explique-t-elle dans Le MondePour l’économiste, cela suggère que le malheur des Français vient très certainement de leur mentalité et de leur culture. Elle pointe notamment du doigt le système éducatif.

Une obsession de l’excellence scolaire

système éducatif« La France a un modèle scolaire catastrophique : il est hyper sélectif et ultra-élitiste. C’est l’excellence scolaire précoce ou rien : peu d’aide pour les élèves en difficultés, aucun système de formation tout au long de la vie. L’école ouvre la porte une seule fois: si les élèves n’en profitent pas, elle se referme pour toujours. Les citoyens qui passent par ce système ne sont évidemment pas très confiants. » Explique Dominique Reynié, professeur à Sciences Po.

De plus, ce système hiérarchique et vertical est en forte contradiction avec l’égalité des chances qu’il prône. Cela entraîne souvent une mauvaise estime de soi des élèves. « La majorité des élèves ont l’habitude d’avoir de mauvaises notes », explique Claudia Senik. « Quand ils pensent à leur mérite ou à leur valeur, ils pensent à leurs notes, qui sont généralement basses ou moyennes. »

Des salles de classe anxiogènes

Les enquêtes internationales PISA, qui évaluent les systèmes scolaires de l’OCDE, pointent du doigt le climat disciplinaire et élitiste caractéristique à la France. Les élèves français hésitent à poser des questions pendant les cours et affichent des taux de non-réponses anormalement élevés.

« Cette réticence à prendre le risque de donner une réponse fausse est révélatrice de leur crainte de voir stigmatiser leurs erreurs, » analyse Olivier Rey, de l’Institut français de l’éducation. « On retrouve ici une caractéristique majeure de notre enseignement : au lieu de s’appuyer sur les erreurs des élèves, il les considère comme des fautes et les sanctionne comme telles. »

Et toi, quel est ton rapport à l’erreur ? Parlons en !

Pour finir, voici une vidéo de Claire Blondel qui traite de l’interdiction de se tromper dans le système Français.

Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust

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