Le Renard et la Pie

Il était une fois, un village sens dessus dessous.prison

Les hommes rêvaient de liberté, et pourtant, ils s’étaient chacun créés des cellules de prison. Ils se sentaient en sécurité dans leurs cellules, après tout, les lieux familiers sont toujours, même si parfois à tort, des lieux réconfortants. Mais, la vie défilait et ils se sentaient de plus en plus oppressés par leurs quatre murs. Au fil des jours, la vie devenait pesante, les cellules semblaient de plus en plus étroites, et les odeurs étouffantes mêlées aux bruits incessants des « il faut » et des « tu dois » donnaient aux habitants une migraine quotidienne. Le village déprimait…

C’est alors que le Renard et la Pie arrivèrent dans ce village, pour y passer la nuit. Leur voyage avait été fatigant et ils demandèrent l’aumône aux habitants. Méfiants, les habitants leur refusèrent le logis. Un des passants, par politesse, leur indiqua qu’un conseil du village avait lieu à trois cents mètres de là. Le Renard et la Pie s’y rendirent aussitôt. Une centaine de villageois étaient rassemblés dans une grande résidence. Parmi la foule, le Renard et la Pie firent la connaissance de Chloé, une jeune femme de vingt ans. Chloé, enchantée de cette nouvelle compagnie, leur proposa de passer la nuit chez elle.

Chez Chloé, il découvrir rapidement que l’atmosphère de la cellule était sombre. Son père faisait cent fois le tour de la pièce : il cherchait un moyen de gagner l’approbation de son patron. Sa mère, elle, recomptait ses fonds bancaires. Elle avait peur de manquer d’argent. Pour pallier la morosité ambiante, le Renard et la Pie se mirent à chanteRenard et Pier et danser sur des airs qu’ils aimaient ! Chloé, très surprise, leur demanda :

«- Que faites-vous ?

– Eh bien… on s’amuse !

– Ce n’est pas le moment ! Vous voyez bien que mes parents sont anxieux !

– Si ce n’est pas le moment maintenant de profiter d’être en vie, alors quand ? »

Chloé stupéfaite par cette réponse, se demanda si ses invités connaissaient des secrets qu’elle-même ignorait. Elle était très intriguée par leur comportement si peu adapté à sa société. Mais plus le temps passait, plus elle se sentait bien avec eux… Et c’est dans cette atmosphère confiante, qu’elle se mit à leur raconter l’histoire du village. Les trois amis restèrent debout toute la nuit. Chloé leur contait l’importance que le village accordait à la liberté. Mais elle leur révéla aussi le passé du village qui était très difficile à assumer. Elle leur raconta les histoires sanglantes, et les atrocités commises par ses ancêtres qui souhaitaient conquérir gloire et richesse. C’est juste avant que le soleil ne pointe son nez, que la Pie, lui dit : « Peut-être que si vous n’arrivez pas à être libre, c’est parce que vous vivez dans des prisons… Le Renard approuva d’un signe de tête, et il pointa les murs du doigt.

La Pie répondit :

  • – Non, non, non ! Ce n’est pas de ces prisons-là dont je veux vous parler, mais des prisons bien plus pernicieuses : les prisons de vos pensées, de votre passé et d’un mode de pensée à dépasser !
  • – Je ne comprends pas, lui dit Chloé
  • – Eh bien, les pires ennemis vivent toujours à l’intérieur de nous. Ce sont des fantômes qui nous emprisonnent machiavéliquement. Ils se cache dans nos pensés et prennent la forme de peur, d’anxiété, de honte, de haine, d’aggressivité ou de dépression.
  • – Tu veux dire que j’abrite en moi ces pensées fantômes ?
  • – Oui, mais je veux aussi dire qu’il existe en toi le pouvoir de les anéantir !
  • – Un peu comme des pouvoirs magiques ?
  • – Tout à fait…
  • – Et comment dois-je faire pour panser des fantômes ?
  • – Si tu prends conscience d’eux, et que tu les regardes en face, alors ces fantomes auront déjà perdu la partie !
  • – Et comment saurai-je si je me suis véritablement libérée ?
  • – Lorsque la joie de vivre, l’empathie et le courage porteront chacune de tes actions, et guideront tes pas, alors tu seras libérée !  »

Le lendemain malgré la fatigue, Chloé rayonnait. Elle remercia ses amies, et elle leur promis qu’elle apprendrait à utiliser sa magie !

Ecrit par Lucile Boccon-Gibod

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