Décodez le Myers Briggs grâce au modèle de la voiture

C’est quoi le modèle évolutif de la voiture ?

Vous vous êtes familiarisé.e. avec les fonctions cognitives de Carl G Jung ? Si oui top. Si non, je vous conseille de commencer par lire l’article « 8 fonctions cognitives qui influencent nos comportements selon Carl Jung ». Une fois que vous vous êtes familiarisé.e. avec les 8 fonctions cognitives, découvrez le modèle évolutif de la voiture pour mieux décoder le Myers Briggs :

Grâce au modèle de la voiture, nous décodons l’évolution et l’interdépendance de nos 4 fonctions cognitives visibles pour mieux appréhender le test du Myers Briggs :

Les deux fonctions cognitives à « l’avant de notre voiture » sont nos forces et nos ressources, ainsi nous pouvons avoir entièrement confiance en leur capacité à travailler ensemble pour recueillir l’information et prendre des décisions adaptées à notre parcours :

La fonction cognitive dans la place du pilote Se développe vers l’âge de 6 ans

Notre fonction cognitive à la place du pilote est notre fonction cognitive experte. Nous l’utilisons depuis toujours, et nous l’utilisons tellement bien et tellement naturellement que nous avons souvent peu conscience que nous le faisons, c’est notre état de “flow”, comme dirait les anglophones. C’est aussi la fonction qui va guider l’ensemble de notre motivation et sera donc notre moteur.

À noter : Si notre pilote est une fonction cognitive qui prend des décisions, notre fonction co-pilote collectera l’information et vice versa, si notre fonction pilote recueille l’information, notre fonction co-pilote prendra des décisions. 

De la même façon, si notre fonction pilote est une fonction en extraversion, notre fonction co-pilote sera en introversion, et vice versa, si notre fonction pilote est en introversion, notre fonction co-pilote sera en extraversion… c’est une question d’équilibre !

Si vous ne comprenez pas tout de suite, ne vous inquiétez pas. C’est un peu compliqué à comprendre au départ. En tout cas, pour savoir si vous êtes (I) introversion ou (E) extraversion sur le code à 4 lettres, il vous suffit de regarder si votre fonction cognitive à la place du pilote est une fonction d’extraversion ou une fonction d’introversion. Pour cela vous pouvez vous poser cette question : de 6 à 10 ans, étiez-vous plutôt un enfant qui agissez, puis réfléchissez puis re-agissez ? Ou un enfant qui réfléchissez, puis agissez, puis re-réfléchissez ?

*Si certains adultes ont des difficultés à savoir s’ils sont introvertis ou extravertis, c’est souvent que leur pilote et leur co-pilote sont bien équilibrés, et si vous pouvez obtenir des résultats différents en prenant le test de Myers Briggs à différents moments de votre vie, ce n’est pas parce que vous avez changé de profil, de pilote et de co-pilote, c’est que vous êtes surement en train de développer une nouvelle fonction cognitive et qu’elle ressort plus qu’avant sur le test d’Isabel Briggs Myer, ce qui malheureusement peut fausser le résultat de votre code à 4 lettres.

La fonction cognitive dans la place du co-pilote – Se développe vers 10-12 ans

Le co-pilote est une fonction cognitive pour laquelle nous avons conscience d’avoir une préférence, simplement car nous l’avons travaillé, développé et favorisé depuis notre adolescence. Cette fonction cognitive est aussi notre levier de croissance personnelle, ou notre fonction de “génie”, de “talent”, car si elle est bien utilisée, elle est la fonction révélatrice de notre potentiel, et nous permet un équilibre entre extraversion et introversion, entre prise de décision et recueil d’information.

À noter : Paradoxalement, nous pouvons avoir des réticences et des difficultés à développer cette fonction car elle nous demande d’aller dans l’énergie opposée de notre pilote.

*Quand la fonction Harmonie est située en co-pilote, elle peut facilement induire en erreur sur le test du Myers Briggs, car cette fonction est extrêmement orientée vers les autres et les besoins humains, ainsi elle peut facilement laisser croire, à tord, que l’individu est E sur le test à 4 lettres.

Nos deux fonctions à « l’arrière de la voiture » sont nos fonctions inférieures aussi dites « fonctions enfants », car elles n’ont ni la maturité ni l’expertise de nos fonctions pilote et co-pilote. Elles sont des atouts uniquement si nous les mettons au service des décisions et des informations prises par le pilote et le copilote :

La fonction cognitive dans la place tertiaire, ou « l’enfant de 10 ans » – Se développe dans la vingtaine

La fonction « enfant de 10 ans » est aussi connue pour être notre talon d’Achille, notre zone à risque ou notre « piège cognitif ». Cette fonction cognitive a des similarités avec notre co-pilote, c’est-à-dire que si notre copilote est une fonction qui prend des décisions, notre fonction de 10 ans prendra aussi des décisions, et si notre copilote recueille l’information, notre fonction de 10 ans recueillera aussi l’information. Sauf qu’à la différence de notre co-pilote, cette fonction est dans notre énergie préférée, c’est-à-dire la même que celle de notre pilote. Ainsi, si notre pilote est une fonction d’extraversion, notre enfant de 10 ans le sera aussi, et vice versa, si notre pilote est une fonction d’introversion, notre fonction de 10 ans sera aussi une fonction d’introversion. 

Pourquoi cette fonction est-elle notre « talon d’Achille » ?

Pendant les périodes de stress, au lieu de se tourner vers notre énergie opposée, et faire l’effort de se tourner dans son monde intérieur quand on est plus à l’aise à l’extérieur ou vice versa, nous pouvons être tenter de nous tourner vers notre « enfant de 10 ans » qui a une énergie similaire à la nôtre. Sauf que, comme son nom l’indique, cette fonction à la maturité d’un enfant de 10 ans. Et vous ne laisseriez pas un enfant de 10 ou 3 ans conduire une voiture ? C’est la même chose pour les fonctions cognitives…

Dans le cas de l’enfant de 10 ans, nous n’avons pas toujours conscience de son manque de compétence, et nous sur-estimons facilement sa maturité. Oui après tout 10 ans ce n’est pas rien ! Cette fonction cognitive ne fonctionne donc pas si mal… De plus, elle est dans notre énergie préférée, celle de notre pilote ! Sans compter que, parfois, elle est fortement encouragée par la société, comme c’est le cas de : l’Efficacité, l’Harmonie ou le concret et le factuel. Ainsi, dans certaines situations, nous pouvons être tenté.e. de nous tourner vers notre talon d’Achille, sans passer d’abord par notre co-pilote. Cela créé alors un déséquilibre sur l’ensemble de notre comportement. De plus, si nous prenons trop souvent l’habitude d’ignorer notre co-pilote et de nous tourner vers la fonction « enfant de 10 ans » à la place, sur la durée nous risquons de ne pas aller à l’optimum de nos aptitudes et de notre potentiel. Il faut croire que même si à 10 ans , les enfants ont plein de choses pertinentes à dire et à apporter, c’est toujours aux adultes, pilote et co-pilote, d’avoir le dernier mot…

La fonction cognitive dans la place inférieur ou « l’enfant de 3 ans » –Se développe vers 35 ans

La fonction cognitive de trois ans est notre fonction cognitive la moins développée et nous en avons souvent conscience. Elle s’exprime souvent quand nous nous sentons extrêmement stressée ou débordée, pas nous-même, à côté de nos pompes…. Elle n’est pas à ignorer, mais plutôt à utiliser occasionnellement et à mettre au service du pilote ou co-pilote. 

La plupart des déséquilibres et dysfonctionnement dans nos personnalités viennent d’un déséquilibre dans l’utilisation de nos fonctionnements cognitifs, notamment quand notre fonction pilote ne s’appuie pas sur les autres fonctions pour avancer, qu’elle ignore son copilote, qu’elle utilise la fonction de 10 ans comme co-pilote ou encore qu’elle utilise les compétences de son copilote pour justifier les aspirations de sa fonction pilote envers et contre tous, sans prendre les décisions ou l’informations nécessaire à son développement.

À noter : Dans la prise de décision, les fonctions cognitives qui organisent le monde à l’extérieur peuvent ensuite se tourner vers leur monde intérieur pour recueillir l’information, alors que les personnalités qui se tournent vers leur environnement extérieur pour recueillir l’information vont ensuite utiliser leur fonction cognitive en introversion pour réfléchir aux informations qu’elles ont recueillies. Dans les deux cas, ces fonctionnements sont en cohérence avec l’ensemble de la personnalité de l’individu.

Bref, en ayant conscience de nos compétences et de nos capacités cognitives chacun de nous peut appréhender au mieux son potentiel 🙂

D’où viennent nos difficultés à agencer et équilibrer nos différentes fonctions pour optimiser notre potentiel ?

Comme nous l’avons déjà mentionné avant, plusieurs difficultés et défis s’offrent à nous quant à l’utilisation de nos fonctions cognitives, notamment dans le développement d’un bon co-pilote. Il est aussi intéressant de rajouter que certaines difficultés viennent directement de nos conditionnements et de la société dans laquelle nous évoluons.

Par exemple, le système éducatif scolaire en France encourage souvent les élèves à organiser le monde à l’extérieur et à recueillir l’information en introversion. De plus, l’Éducation Nationale favorise une prise d’information sensorielle plutôt qu’intuitive. Ainsi, les élèves qui se posent naturellement cette question : « Qu’est-ce qui a existé avant ? » sont largement avantagés au sein du système scolaire.

À l’inverse, en ce qui concerne la prise de décision, l’École de la République favorise l’intelligence rationelle plutôt que l’intelligence émotionnelle. ainsi ceux qui se pose naturellement la question « Qu’est-ce qui fonctionne ? » sont les plus favorisés en terme de prise de décision, suivi de près par ceux qui se demande « Qu’est-ce qui répond au mieux aux besoins de mes enseignants ? » et« Qu’est-ce qui est vérifiée méthodiquement, logiquement et rigoureusement pour moi ? ». Ces derniers seront notamment valorisés à partir du lycée, puis à l’université et dans la recherche ! Ceux qui se pose la question « Qu’est-ce qui est juste, authentique et intègre selon qui je suis et ce à quoi j’aspire ? » trouveront malheureusement souvent moins leur compte dans le système éducatif Français bien que leurs capacités artistiques et créatives les emmeneront souvent loin et hors des sentiers battus dans leur parcours professionnel.

Ainsi, au sein de l’Éducation Nationale les ISTJ, ISFJ, ESTJ et ESFJ seront souvent les plus favorisés, suivi de près par les ISTP et, plus tard, dans les études superieurs, les INTJ, INTP, ENTJ, ENTP, INFJ et ENFJ, dont les aptitudes analytiques font depuis bien longtemps rayonner le monde académique.

Néanmois le système éducatif étant profondément inadapté à certains profils, certains élèves peuvent parfois être tenté de faire de la surcompensation, c’est-à-dire de surmener leurs fonctions inférieures pour s’adapter. De même, en ce qui concerne les identités genrées, il est attendu des hommes de favoriser une prise de décision logique et rationnelle et des femmes de faire preuve d’intelligence émotionnelle, ainsi les femmes ayant une fonction pilote ou copilote « T » vont parfois privilégier une de leurs fonctions cognitives inférieures pour entrer dans les normes sociales et vice versa pour les hommes. Pareil, il est attendu des femmes d’être plutôt sensorielle qu’intuitive, et, de facon général, la remise en question du statut quo qui fait partie intégrante du fonctionnement des intuitifs est souvent mal accueillie dans notre société : que ce soit dans le cas de Voltaire exilé de l’Académie de Science au 18e siècle pour avoir oser remettre en question les institutions royales ou des protestants massacrés pendant la St Barthélémy pour avoir oser remettre en question les institutions catholiques ou bien encore des femmes brulées pour sorcellerie d’avoir oser remettre en question les normes patriarcales.

Pourtant, chaque fonctionnement cognitif a du talent et, bien que certains profils soient plus facile que d’autres à assumer, la société a besoin d’un équilibre entre tous les individus, entre ceux qui recueillent les informations du passée, du présent et des possibilités futures, entre la sagesse spirituelle des F et le savoir intellectuelle des T, entre le pouvoir du moment présent et la puissance de l’imagination. Oui, il ne fait aucun doute que la société a besoin que chaque individus nous offrent le maximum de son potentiel. D’ailleurs, l’intelligence des intuitifs n’est-elle pas aujourd’hui de plus en plus reconnu dans des articles tel que : « Reconnaitre les ‘haut-potentiels' » et l’intelligence émotionnelle est aussi de plus en plus célébrée, dans des articles tel que « L’importance du leadership » ou encore « Et si l’hypersensibilité était une force ? »

Alors, si au sein de l’Éducation Nationale, les ISFJ et ISTJ sont souvent plus valorisés (et tant mieux pour eux car ils comptent parmi nos meilleurs médecins et nos meilleurs juges), les autres profils ont aussi énormement à apporté à notre société et il serait vraiment dommage que le INFP se mettent à jouer aux ESTJ ou les ENFJ aux ISTP ! Après tout, à quoi ressemblerait notre culture si Antoine de Saint Exupery, Anne Sylvestre ou JK Rowlings ne s’était pas autorisés a rêver ? Si Einstein s’était arrêté à la croyance qu’il était nul à l’école ? Si Gandhi n’avait pas chercher à répondre aux besoins des humains de son pays ? Si Calvin et Luther n’avait pas osé mettre au défi les dynamiques de pouvoir de l’Église Catholique ? Si Marie Curie s’était restreint à son rôle de femme sans appliquer son esprit logique et rigoureux pour mieux comprendre le monde ? Oui, le monde serait bien triste ! Alors, gardons tous en tête qu’il est dans l’intérêt général de ne pas se suradapter face à des conditionnements parfois néfastes à notre potentiel.

🚖 Sur ceux, je vous souhaite à tous une bonne route sur le chemin de la vie 🚖


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Si vous savez ce que vous savez, que vous pensez ce que vous pensez et que vous vivez ce que vous vivez, alors vous irez exactement où vous devez aller !


Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust


Références : 

Merci à l’équipe de Personality Hacker de m’avoir donnée l’autorisation de traduire et utiliser les surnoms qu’elle a attribué au fonction cognitive pour les rendre plus faciles à comprendre ainsi que le schéma du modèle de la voiture. 


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