Et si nous utilisions le terme erreurs d’orthographe pour mettre un terme à la croyance que les erreurs sont des fautes ?

Oui le choix des mots n’est pas anodin. Si dans le mot ‘faute’, nous prenons conscience qu’il existe un aspect moral et honteux, est-il pertinent d’utiliser le mot faute quand nous parlons d’une erreur ?  

Mais d’abord, est ce que l’orthographe relève de la moralité ? 

Eh bien … (roulement de tambour)… Non ! Faire des erreurs d’orthographe n’a rien d’immoral, ce n’est pas néfaste à l’humanité. OUF ! Ainsi, utiliser le terme faute d’orthographe serait une erreur… MINCE ! Heureusement, les erreurs peuvent être corrigées. YOUPI !

Et donc est-ce une erreur de faire cette faute ?

Eh bien … (roulement de tambour)… Non ! Toujours pas ! À vrai dire c’est plutôt une faute de faire cette erreur : En proposant les erreurs comme des fautes, nous insinuons qu’un individu est fautif de faire des erreurs, l’erreur aurait donc un aspect honteux, et ce message est immoral car pas bon pour notre moral, bref c’est une faute morale ! Aïe aïe aïe aïe aïe ! Et si la faute d’orthographe est fautive, à qui la faute ? À celui qui l’dit ! Pourquoi ? Parce que c’est celui qui l’dit qui est, et aussi parce que la honte détruit la santé mentale, la curiosité et la créativité. Vous me suivez ?

Alors comment gai-rire de cette erreur ?

Égayons-nous car les erreurs aiguillent ! Elles sont les étapes naturelles à l’apprentissage et cachent bien souvent des cadeaux surprises ! Oui des cadeaux vers notre ovation, notre innovation, notre croissance… Avez-vous déjà entendu l’expression : c’est à force de se planter qu’on finira par pousser ? Eh bien maintenant oui !

Imaginez si, à partir d’aujourd’hui, nous éduquions toute une génération à percevoir les erreurs différemments… Je crois bien que nous aurions une génération surprise ! Et ça, ça tombe bien, parce que moi J’ADOOOREE les surprises ! Surtout les kinder surprises, quand j’les traduis en Français, ça fait des enfants surprises, ce qui me donne des élèves surprises et ensuite c’est les élèves me font la surprise ! Et ça, ça c’est vraiment génial ! Je crois qu’en libérant les élèves de cette terrifiante et pétrifiante honte de la peur, ils OSERAIENT… Oui ils oseraient prendre la parole en classe, se tromper, se faire confiance, suivre leur curiosité, prendre des risques ! Toute une génération surprise qui se transformeraient par la suite en adultes surprises… Je crois que ça serait MERVEILLEUX ! INCROYABLE ! Alors croyez-y ! Ces adultes surprises oseraient parler une langue étrangère sans la maitriser à 100%, faire une nouvelle activité sans avoir peur du ridicule, redevenir débutant, suivre leurs rêves… (Sur des airs de Charles Azanavour) Je les voyez déjà, en haut de l’affiche, même s’ils s’en fiche et puis qu’ils s’affiche d’oser prendre un risque ! Cette génération de citoyens français qui découvriraient qu’ils sont finalement excellents en anglais avec leur accent “so sexyyy” quand ils osent ! Oui, ca seraient MAGNIFIQUE j’en suis convaincue !

Et puis tout ça, en changeant simplement un tout petit mot de rien du tout ! Moi je dis OUI… Oui ça vaut le coup d’essayer, je vais oser oser ! Oser utiliser le mot erreurs d’orthographe plutôt que fautes d’orthographe ! Ouais je vais prendre le risque de mes erreurs car la prise d’erreur en vaut le risque…

Et toi, comment te positionnes-tu face à l’erreur et à la faute ? 

Écrit par Lucile Boccon-Gibod


Vous voulez une autre réflexion autour de l’orthographe ? Découvrez le Ted Talk d’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Et si notre système éducatif avait un mauvais impact sur la santé mentale ?

« Alors que le pays jouit d’une qualité de vie enviable, vivre en France réduirait de 20% les chances de se déclarer très heureux. »

Un sondage du réseau Gallup mené en 2013 dans 51 pays place la France champions du monde du pessimisme, loin devant les Afghans ou même les Irakiens.

L’INSEE a confirmé en 2014 que pour un même index de développement humain, la France obtient un résultat inférieur à la Belgique et au Danemark sur les sondages mesurant l’optimisme des populations.

Pourtant les Français jouissent d’une qualité de vie enviable : semaine de 35h, accès gratuit aux soins médicaux, aux hôpitaux, aux écoles et aux universités, ainsi qu’une culture rayonnante comme le témoigne l’afflux de touristes.

Comment expliquer ce paradoxe Français ?

Claudia Senik professeur d’économie à la Sorbonne a mené une enquête rigoureuse durant deux ans pour comprendre ce paradoxe. Elle a même considéré la possibilité d’une différence de perception entre le mot francophone « bonheur », et le mot anglo-saxon « happinness ». Le paradoxe ne provient pas d’un quiproquo linguistique. D’autres pays francophones comme la Belgique et le Canada l’ont confirmé.

Par ailleurs, elle a examiné et comparé les réponses des Français résidant à l’étranger, avec celle des expatriés/immigrés en France.  Le résultat obtenu est significatif : « Il suffit que les immigrés aient été scolarisés dans l’Hexagone avant l’âge de 10 ans pour qu’ils soient, eux aussi, atteints par le spleen » et « les Français vivant à l’étranger sont moins heureux que d’autres Européens vivant hors de leur pays d’origine », explique-t-elle dans Le MondePour l’économiste, cela suggère que le malheur des Français vient très certainement de leur mentalité et de leur culture. Elle pointe notamment du doigt le système éducatif.

Une obsession de l’excellence scolaire

système éducatif« La France a un modèle scolaire catastrophique : il est hyper sélectif et ultra-élitiste. C’est l’excellence scolaire précoce ou rien : peu d’aide pour les élèves en difficultés, aucun système de formation tout au long de la vie. L’école ouvre la porte une seule fois: si les élèves n’en profitent pas, elle se referme pour toujours. Les citoyens qui passent par ce système ne sont évidemment pas très confiants. » Explique Dominique Reynié, professeur à Sciences Po.

De plus, ce système hiérarchique et vertical est en forte contradiction avec l’égalité des chances qu’il prône. Cela entraîne souvent une mauvaise estime de soi des élèves. « La majorité des élèves ont l’habitude d’avoir de mauvaises notes », explique Claudia Senik. « Quand ils pensent à leur mérite ou à leur valeur, ils pensent à leurs notes, qui sont généralement basses ou moyennes. »

Des salles de classe anxiogènes

Les enquêtes internationales PISA, qui évaluent les systèmes scolaires de l’OCDE, pointent du doigt le climat disciplinaire et élitiste caractéristique à la France. Les élèves français hésitent à poser des questions pendant les cours et affichent des taux de non-réponses anormalement élevés.

« Cette réticence à prendre le risque de donner une réponse fausse est révélatrice de leur crainte de voir stigmatiser leurs erreurs, » analyse Olivier Rey, de l’Institut français de l’éducation. « On retrouve ici une caractéristique majeure de notre enseignement : au lieu de s’appuyer sur les erreurs des élèves, il les considère comme des fautes et les sanctionne comme telles. »

Et toi, quel est ton rapport à l’erreur ? Parlons en !

Pour finir, voici une vidéo de Claire Blondel qui traite de l’interdiction de se tromper dans le système Français.

Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust

Certains ont la montre, d’autres ont le temps !

Débordé ? Epuisé ? Votre agenda n’arrive plus à contenir tous ces rendez-vous ? Et le petit dernier qui a sa pratique de piscine dans une heure…

La pression qu’exerce la vie professionnelle sur la sphère personnelle a augmenté depuis 30 ans. D’ailleurs les chiffres montrent une hausse du syndrome d’épuisement professionnel en France, plus communément connu sous le nom de «burn out» ou «fléau du XXIème siècle». Selon une étude de 2014 du cabinet de prévention des risques Technologia, ce risque de «burn out» guette 3,2 millions d’actifs dans l’Hexagone.

Pourtant les statistiques révèlent une diminution du temps de travail des Français sur les trente dernières années. En 2014, les français travaillaient en moyenne 37,4 heures par semaine, alors qu’en 1980 la moyenne hebdomadaire était de 41,7 heures. Alors moins de travail plus de stress ?!

Pourquoi court-on contre la montre ?

montreCid Ahmed Soussi, sociologue du travail explique: « La réalité, c’est que de plus en plus d’employés doivent rester branchés à leur téléphone jusqu’à tard le soir. Ils envoient des sms professionnels en soupant avec des amis ou en passant du temps avec leur enfant, et ils vérifient leurs courriels professionnels avant d’aller au lit. Il y a une intensification du travail, c’est-à-dire un accroissement du stress et de la surcharge mentale des salariés. » Les technologies et les exigences de la mondialisation font que le travail déborde sur la vie personnelle et familiale. Les employés sont toujours préoccupés car ils doivent effectuer plusieurs tâche en même temps et chacune de ces tâches se termine à des moments différents.

Nigel Marsh, un cadre supérieur dans le marketing et la publicité, a travaillé pour de nombreuses compagnies, notamment Mc Donald, Canon, Pepsi, Colgate et Mars. Il témoigne:

Ne placez jamais la qualité de votre vie dans les mains d’une société commerciale. Elles sont intrinsèquement conçues pour vous exploiter autant qu’elles le peuvent. C’est ce qu’elles font. Même les bonnes sociétés bien attentionnées (…) Si vous ne concevez pas votre vie, quelqu’un d’autres le fera à votre place et vous risquez de ne pas aimer sa conception de l’équilibre. »

Est- il possible de concilier grande carrière et équilibre de vie ?

Sylvaine Pascual, coach spécialiste des relations humaines et de la reconversion professionnelle pense qu’on peut être passionné par son travail et très impliqué sans que cela rejaillisse négativement dans sa vie privée. A condition toutefois que le temps passé avec ses proches soit de qualité et profitable à tous. Elle conseille de s’obliger à éteindre son téléphone portable en rentrant afin de retrouver une certaine harmonie. De même, elle recommande  de prévoir des temps libre et des week-ends en famille pour couper avec le travail: « L’idée est de renouer avec des plaisirs simples et si possibles non technologiques. Une balade en forêt, une partie de foot avec son fils… » Isabelle, médecin de 52 ans et mère de quatre enfants est du même avis « Il faut préserver d’autres passions et domaines d’épanouissements personnels pour trouver son équilibre. » Jeanne Boillet chargée de l’activité Audit-Grands comptes rajoute « Il n’y a pas que le boulot et la famille, pensez à vous ! » Nicolas Walsh, vice-président d’AIG confie: “Surtout, ne faites pas comme moi : je n’ai jamais su lâcher prise. »

Pour ceux qui n’arrivent pas à lâcher prise, attention au « burn out » !

Apprenez à détecter rapidement les symptômes du syndrome d’épuisement professionnel: fatigue, découragement, sentiment d’être incompétent, difficulté de concentration et baisse de confiance en soi. Pour éviter le « burn out » ne pas hésiter à déléguer, poser ses limites, et investir dans d’autres domaines de sa vie.  Mais surtout déculpabilisez et parlez-en autour de vous !

Vous pouvez aussi vous tourner vers une association comme AFBO ou SOS fonctionnaire victime, téléphone : 06 75 90 73 64

Pour conclure cet article, quelques mots de Raphaël Enthoven:

Le travail c’est la santé, c’est la dignité reconquise de l’homme à la sueur de son front, c’est la promesse d’une récompense, mais c’est aussi le drame de ceux qui perdent leur vie à vouloir là gagner, abruti par la routine qu’une main de fer écrase. »

Article écrit par Lucile Boccon-Gibod pour In Education We Trust