Paris je t’aime

Pour Marie, même la pollution semblait plus élégante ici qu’ailleurs… A ses yeux, Paris était une grand-mère, une grand-mère de belle manière. Elle la voyait toujours s’exprimer d’un air dédaigneux. Paris racontait son passé, comparait les époques et l’enveloppait d’une nostalgie maussade. C’était insupportable ! Pourtant, plus elle l’agaçait et plus Marie s’attendrissait. Le paradoxe suprême. Il faut dire que Paris avait été très belle, surement la plus belle ! Mais, sa beauté, autrefois vaniteuse, était devenu un doux caprice. Une chic coquetterie de bonne-maman.

A présent, son masque tombe. Paris emmène sa petite fille flâner dans les rues de Montmartre et Marie redécouvre son âme d’artiste et ses élans du cœur. La générosité de sa grand-mère lui fait l’effet d’une bouffée d’air frais. Puis, pour le weekend de pâques, Marie a rendez-vous avec Paris sous l’arc de triomphe. En arrivant aux Champs-Élysées, elle se fait bercer, au rythme des concerts, du printemps solidaire. Joyeuse, Marie décide de rester avec elle. Cette fois, elle l’emmène au théâtre Point-Virgule, celui du Marais. Elle dit que c’est le meilleur endroit de Paris pour sourire, se marrer et s’esclaffer. Marie oublie ses malheurs et les difficultés de la vie. Elle profite de sa formidable grand-mère qui est aussi raffinée qu’affirmée. Marie et ses cousins disent en cœur : « Elle est Notre-Dame », et Paris leur répond : « Et vous mes petits enfants, vous êtes mes sacrés cœurs ! » Bien sûr, Marie remarque les gardes du corps qui l’entourent. Ils sont armées, lui rappelant que la vie ne tient qu’à un fil. Bonne-maman est très vulnérable, mais bizarrement, Marie ne l’a jamais senti aussi forte !


Et pour toi, si Paris était une personne, elle serait qui ?


Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour La Gazette

S’endormir dans un aéroport

A Schiphol, pendant la nuit, je faisais partie de ceux qui attendaient leur prochain vol, quelques heures plus tard. Je regardais mes bagages et les forces armées. Je scrutais les autres, leurs pulsions. J’étais méfiante, parce qu’il y avait eu un attentat à Westminster quelques heures auparavant et qu’un aéroport c’est une cible facile.

Maintenant, je m’étend sur une banquette. Et puis voilà. Je me retrouve entre deux voyageurs. Je partage un sourire. La nuit va être longue, mon voisin engage la conversation, j’échange avec lui.

Échanger, c’est un grand mot… Je lui raconte juste mon point de départ et mon point d’arrivée. Pas besoin de tout dévoiler. Je suis en transition. Une chance, mes deux voisins parlent anglais. Je peux jouer à effacer ma nationalité. Devenir, le temps d’un instant, personne et tout le monde à la fois.

Le problème c’est que mes paupières somnolent, il est 3h00 du matin. Petit à petit, je me laisse aller au sommeil. Je me sens si bien, j’ai oublié toutes mes peurs. Le danger s’est effacé. Les autres me ressemble et ma respiration me murmure: « Qu’il est bon d’être en confiance »


Et toi, trouves-tu de l’inspiration dans les aéroports ? Parlons-en en commentaire ! 


Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour La Gazette

Credits photo : privé

Portrait paradoxal

Entre la poussière et les épices
Entre les klaxons et le chant des dialectes
Entre la richesse et la pauvreté
Entre le ciel et la Terre
Les Saris dansent

Le chaos
Oblige l’Homme à renoncer au contrôle
Et renaitre à la vie

L’Inde : Pays de mille sens qui stimule l’imagination.

Et toi, qu’est ce qui t’inspires en Inde ? Parlons-en en commentaire.

Ecrit par Lucile Boccon-Gibod pour La Gazette

Credits photo : privé