14 juillet

13680931_10210056302867066_4321263182279545827_nDepuis ce matin, la gueule de bois de l’horreur de cette nuit. Encore une fois cette année, on se compte, on pleure, on s’envoie des messages, on se raconte. On se réjouit tristement d’être encore en vie, on pleure ceux qui ont perdu la leur. On essaye de continuer… de continuer de vivre, de ressentir, d’échanger, d’aimer, de donner du sens malgré la violence, malgré le choc…

Hier soir était un cauchemar… Cette soirée, elle avait pourtant bien commencé. Il faisait étonnamment froid pour un 14 juillet dans le sud, mais c’était presque agréable de ressortir des gilets. Nous on était trois. Je sortais de l’école pour rejoindre d’autres collègues et j’étais enthousiaste à l’idée de profiter d’une soirée ensemble. J’ai remonté la promenade des anglais au rythme de la musique. J’entendais la mer se déchaîner, les couleurs bleu blanc rouge éclater dans le ciel et je profitais du moment présent. Voilà. Un début de soirée comme je les aime. Et puis, je me suis dirigée vers le Sansas. A ce moment-là, la foule s’est mise à crier : « Ils tirent », « Ils ont des fusils». J’ai senti la panique, la foule courir pour sa vie. Ca m’a oppressé la poitrine. Le souffle coupé, j’ai pris ma respiration de force et je me suis réfugiée à l’intérieur du Sansas bar. J’ai vu mes collègues : « J’ai peur ». Après les attentats de cette année, mille pensées m’ont traversé l’esprit : « Ça y est… ça tombe sur nous. Combien sont-ils ? Ont-ils des bombes ? Et surtout – Où devrais-je me mettre pour être en sécurité ?». Là j’ai vu la foule partir dans le sens inverse à l’extérieur du bar : « Combien d’attaques y-a-t-il ? » Au Sansas, l’équipe nous a fait descendre dans la cave. J’ai attendu là, obnubilé par le son des coups de feu. J’ai reçu quelques informations, parfois fausses, de l’extérieur. ‘Y-a-t-il eu une prise d’otage au Buffalo Grill au-dessus de nous ?’ J’ai  dû attendre deux heures. Mais ça m’a semblé une éternité. Puis la police est arrivée, elle nous a fait sortir avec nos mains en l’air et nous a fouillés un à un. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Je savais que la mort avait frappé à quelques mètres de moi, mais j’avais la chance d’être encore en vie…

Je garderai surement trop longtemps des images de cette soirée et je n’ose pas imaginer la vie dans un pays en guerre, ni la détresse de tous ceux qui ont dû quitter leur pays pour se protéger de la violence. Je vais malgré tout essayer d’utiliser les mots pour guérir les maux :

« Sur les larmes de la violence,
Sur les battements de nos cœurs,
Sur la folie de la peur,
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaitre
Pour te nommer

Liberté »

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